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L’œil du cyclone

Cet article vient étrangement en écho à celui que j’avais rédigé le 28 juillet 2016, et qui était intitulé « Résilience » . Quand je l’ai relu ce matin, non sans un certain amusement, je me suis demandé si nous n’aurions pas eu par hasard de vraies prémonitions ce jour-là ! Ou bien étions-nous simplement animés d’un fol espoir, en imaginant que l’été, et notre terroir, pourraient nous réserver de belles surprises.

vigneTour des vignes ce lundi après-midi avec notre œnologue consultant
pour déterminer la date de début des vendanges 2016

En tout état de cause, la décision est tombée cet après-midi : nous démarrons les vendanges ce jeudi !

Imaginez maintenant l’ambivalence de nos sentiments.

D’un côté, il y a bien sûr l’impatience qui monte, avec l’envie furieuse d’en finir une bonne fois pour toute. Surtout qu’ailleurs, à Saint-Emilion et dans les appellations satellites, ça s’agite sévère, et qu’on a envie d’en être, nous aussi.

« Tss tss tss » , nous susurrent nos vignes. « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » , nous rappellent-elles.

chaiOlivier et Julien en plein dans les préparatifs…

De l’autre, il y a donc cette volonté de se dire qu’il est temps de lâcher prise, en s’abandonnant à cette sensation étourdissante d’être comme dans l’œil du cyclone, étrange impression de calme avant l’effervescence des vendanges. C’est le moment de cesser d’avoir l’œil rivé aux prévisions météo (qui par ailleurs changent d’heure en heure) et d’arrêter de nous interroger sur la pertinence de nos décisions. Il nous faut désormais vivre l’instant présent, et accueillir les jours qui arrivent avec sérénité et pragmatisme.

Car après tout, les baies finissent de mûrir gentiment, sans se poser la question de savoir pourquoi elles murissent… Faisons comme elles, et laissons le cours naturel des choses se faire.

A jeudi…

Caroline Decoster